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Des nouvelles des projets

Projet théâtre : participation des secondes 2 au festival regards croisés et aux Regards lycéens

Par SANDRINE COTTEVERTE, publié le vendredi 6 juillet 2018 14:19 - Mis à jour le vendredi 6 juillet 2018 14:20

Dans le cadre du projet "Lire le théâtre d'aujourd'hui", les élèves de la classe de 2d2 ont rencontré le jeudi 24 mai, au nouveau théâtre Sainte Marie d'en bas à Grenoble, les auteurs des trois pièces qu'ils ont lues et "discutées" en classe avec deux comédiens, Léo Ferber et Grégory Faive de Troisième bureau.
Pour cette édition 2018, ils ont travaillé sur trois textes :
Le cimetière de l'éléphante de George Brant
Islande de Lluïa Cunillé
Longues sont mes nuits de Faustin Keoua-Leturmy.
Quatre classes de seconde et première (Meylan, Voiron, Grenoble) étaient présentes à ces Regards lycéens. Chacune a lu un extrait d'un des textes, posé des questions aux auteurs et enfin révélé sa pièce "Coup de coeur."

Voici le coup de coeur des élèves de la seconde 2 :

"Dans Le Cimetière de l’Éléphante, notre attention a été captée grâce à l’originalité de l’écriture. En effet, l’histoire est racontée simultanément par plusieurs personnages  : chacun apporte un peu de l’intrigue, avec son propre style qui définit leur personnalité et de les rend à la fois intéressants et attachants en quelques phrases. Cette pièce va aussi plus loin qu’il n'y paraît à la première lecture  : elle aborde, peut-être rapidement mais très justement, des sujets de société comme la ségrégation raciale en Amérique (avec l’habitant affamé) et la cupidité (avec monsieur Loyal notamment).  On voit donc évoluer deux mondes, celui du cirque et celui de la ville, au travers des événements de la pièce  : l’arrivée du cirque dans la ville,  puis la mort du jeune homme, et enfin celle de Mary. On découvre la face cachée du cirque, l’histoire de la ville et des habitants au travers du récit des faits. De plus, par son nombre de personnages et sa facilité d’apprentissage, elle est à la fois facile et agréable à jouer en groupe.

Nous avons aussi beaucoup aimé le sujet de la pièce Islande qui dénonce les ravages de la crise économique à travers les différents protagonistes que rencontre le jeune homme. Le premier personnage qu’il rencontre est le voyageur. Il lui parle d’une invention formidable et essaye de le pousser à acheter son invention alors que la boîte qui la contient est vide. Il montre la sournoiserie provoquée par la crise sur certaines personnes. Le second personnage est la vieille femme qui a perdu son mari et son entreprise de pompes funèbres. Elle est obligée de vendre ses affaires pour subsister  : L’auteur dénonce les conséquences de la crise économique. Enfin, on rencontre M. Delamarche, le boucher, qui nous montre l’obsession des gens à gagner plus d’argent afin de mieux vivre. La pièce est construite sur une forme de cycle  : recherche, rencontre, conséquences de la crise qui nous montre la monotonie de la vie.

Nous accordons notre coup de cœur à  Longues sont mes nuits . Nous avons bien aimé la pièce qui raconte l’histoire d’une jeune femme passant une nuit blanche à se lamenter au chevet de son fils atteint d’une forte fièvre. N’ayant pas le moindre sou pour payer des soins médicaux, elle vit un véritable cauchemar : elle ne sait pas s’il survivra à cette fièvre.
Cette jeune femme n’a pas eu un passé heureux car elle est devenue mère à seize ans, avec un homme auquel elle n’était pas mariée.

De plus, elle a été  abandonnée par son mari qui ne supportait plus leur pauvreté et par son fils aîné, pensant quant à lui que la mendicité améliorerait sa condition.  La pièce se termine néanmoins sur une note positive, puisque l’aîné a rapporté de l’argent  : on suppose que cela permettra à l’enfant malade de survivre.

 La pièce nous a plu car l’histoire de cette femme et de son enfant est très touchante et nous fait ressentir différentes émotions  :  la peine pour  cette petite famille abandonnée qui vit dehors (« Il était là, ce carton. Témoin vivant de notre calvaire. ») et pour cette femme rejetée par ses parents : « Chienne ! [...] Je te bannis ! Je te maudis ». On peut  percevoir le désarroi et l’inquiétude de la mère lorsque la santé de son fils se dégrade peu à peu  ; cela pousse à la compassion. Son désespoir tout au long du monologue (« Une vie comme la nôtre ne vaut pas la peine d’être vécue. »), son effroi (« Tu me fais peur mon garçon ! Pourquoi tu contristes ta maman? ») accentuent encore notre pitié.
Cette pièce nous prouve  que la longueur du texte ne nuit en rien au ressenti des émotions  : un texte peut être court et fort. La pièce fait éprouver une certaine pitié et culpabilité aux lecteurs, et un regain d’espoir lors de la découverte de l’argent.

Notre choix est donc motivé par la façon dont l’auteur captive l’attention du lecteur à travers les personnages de sa pièce et leurs histoires, mais aussi par la construction de son texte qui introduit directement l’histoire, avec une relative brutalité qui plonge le lecteur dans l’intrigue immédiatement. D’autres détails, comme le niveau de langage qui varie au fil de la pièce, apportent un meilleur réalisme au texte.

Lors de la lecture à voix haute au CDI de la comédienne Elisa Bernard, la compréhension de la pièce a été encore facilitée car certaines phrases paraissent plus évidentes une fois dites à l’oral."